Une haie de thuyas se retire en trois temps : abattage à la tronçonneuse, extraction des souches, puis remise en état du sol. Le système racinaire de ce conifère reste superficiel et fibreux, ce qui facilite le travail. Pour vingt mètres de haie plantés au mètre, il faut tout de même compter une vingtaine de souches à déloger.
- L’abattage se fait par sections du sommet à la base en conservant un moignon de 50 cm à 1 mètre pour servir de levier d’arrachage.
- La mini-pelle loue à la journée déchausse une souche en quelques minutes, tandis que la méthode manuelle exige plusieurs dizaines de minutes par souche.
- Le sol sous l’ancienne haie est sèche et tassée : il faut l’ameublir sur 30 à 40 cm et incorporer 3 à 5 cm de compost mûr avant de replanter.
Abattre d’abord, dessoucher ensuite
Commencez par élaguer les branches basses, puis tronçonnez chaque sujet par sections, du sommet vers la base. Laissez une souche de 50 cm à 1 mètre : ce moignon servira de bras de levier pour l’arrachage. Pantalon anti-coupure, casque à visière et gants sont de rigueur, car la résine encrasse vite la chaîne et les pièces de bois tombent là où on ne les attend pas. Sur une haie d’une vingtaine d’années, les troncs atteignent couramment 15 à 30 cm de diamètre.
Le brûlage des déchets verts à l’air libre est interdit.
Reste le volume de branchages. Un broyeur de végétaux loué à la journée les transforme en broyat, mais celui de thuya se décompose lentement : réservez-le aux allées ou mélangez-le à d’autres matières au composteur. La déchèterie reprend aussi les déchets verts des particuliers, le plus souvent gratuitement.
Deux vérifications avant de lancer la machine. Le plan local d’urbanisme peut protéger certaines haies ou classer le secteur en espace boisé, et mieux vaut éviter de couper entre mars et août, pendant la nidification.
Les outils pour venir à bout des souches
La mini-pelle reste la solution la plus rapide. Louée à la journée, elle déchausse une souche en quelques minutes : le godet creuse autour, sectionne les racines latérales, puis pousse ou tire le moignon. Vérifiez que l’engin passe par votre accès et prévoyez des planches ou des plaques pour protéger la pelouse. Sur sol meuble, une haie entière peut être traitée en une seule journée.
Sans engin, la méthode manuelle demande plus de patience. On dégage la terre à la bêche, on tranche les racines à la cognée ou à la scie sabre, puis on tire la souche avec une chaîne et un tire-fort ancré à un arbre solide. Prévoyez plusieurs dizaines de minutes par souche, davantage en terre argileuse.
Troisième voie, la rogneuse de souche, qui broie le bois jusqu’à 30 cm environ sous le niveau du sol. Elle se loue facilement, mais elle pèse lourd et laisse en place les racines profondes.
Inutile de sortir le désherbant : un thuya coupé ne repart pas de la souche.
Préparer le sol avant de replanter
Sous une haie ancienne, la terre est sèche, tassée et couverte d’un feutre d’aiguilles qui l’acidifie. Les racines fines y forment un lacis dense que la pluie traverse mal. Même après le passage de la pelle, ce sol a besoin d’être remis en état avant d’accueillir de nouveaux plants.
Retirez d’abord à la fourche les morceaux de racines plus épais qu’un doigt, puis rebouchez les trous avec de la terre prise ailleurs dans le jardin. Ameublissez ensuite sur 30 à 40 cm avec une grelinette ou une fourche-bêche, sans retourner la terre, et incorporez 3 à 5 cm de compost mûr. Un kit de mesure du pH, vendu en jardinerie, permet de vérifier que le sol se situe vers 6 à 7, la fourchette qui convient à la plupart des essences de haie. Si l’eau stagne après une averse, c’est le signe d’une semelle compactée qu’il faut fissurer plus profondément.
Décalez la nouvelle ligne de 30 à 50 cm par rapport à l’ancienne pour planter en terre vierge de souches. Côté voisinage, l’article 671 du Code civil impose 2 mètres de la limite séparative pour une haie dépassant 2 mètres de hauteur, et 50 cm en dessous. Début octobre, la terre garde la chaleur de l’été, ce qui laisse aux racines le temps de s’installer avant l’hiver.
Dernier piège : le broyat issu de la rogneuse. Riche en carbone, il mobilise l’azote du sol en se dégradant, alors ne l’enfouissez pas dans les trous de plantation, étalez-le plutôt en paillage sur 5 cm d’épaisseur après la plantation.