Un thuya dont quelques rameaux virent au roux en plein été, alors que le reste de la haie reste vert, héberge souvent Lamprodila festiva, le bupreste du thuya. Ce coléoptère d’environ un centimètre, vert métallique, pond sur les Cupressacées (thuyas, cyprès, genévriers), et ses larves creusent sous l’écorce. La seule parade efficace au jardin est mécanique : couper les parties atteintes en hiver et les évacuer.
Aucun traitement grand public n’atteint les larves cachées sous l’écorce.
- Le bupreste du thuya se reconnaît à ses trous de sortie en forme de D aplati de 3 mm sur l’écorce
- Les larves rongent le cambium et créent des galeries sinueuses visibles sous l’écorce des branches mortes
- La seule parade efficace consiste à couper et évacuer les parties atteintes en hiver avant juin
Reconnaître l’insecte et ses dégâts
L’adulte porte des reflets verts cuivrés et de petites marques sombres sur les élytres. On le croise de juin à août, posé au soleil sur les rameaux, d’où il s’envole à la moindre alerte. Les femelles pondent dans les anfractuosités de l’écorce. Les larves, blanchâtres et aplaties, rongent ensuite le cambium, la fine couche qui conduit la sève, en y creusant des galeries sinueuses.
Originaire du pourtour méditerranéen, l’espèce a gagné progressivement vers le nord et se signale dans de nombreuses régions. Les haies de thuyas alignées sur 15 ou 30 ans lui offrent un garde-manger continu, souvent côté plein soleil.
Les symptômes arrivent tard. Un rameau jaunit puis roussit, parfois une branche entière, alors que la larve y travaille depuis un an ou plus (le cycle peut durer deux ans). En soulevant l’écorce d’une branche morte, on découvre des galeries bourrées d’une sciure fine, brun clair.
Les trous de sortie, la preuve décisive
Au printemps et en été, l’adulte quitte le bois en perçant un orifice en forme de D aplati, d’environ 3 mm de large. On les repère sur les charpentières et sur le tronc, parfois en grand nombre sur les sujets très atteints. Ils restent visibles des mois après l’émergence, ce qui confirme le passage de l’insecte même quand il a disparu. Pour les voir, il faut écarter le feuillage et inspecter l’intérieur de la haie, rarement visible depuis l’extérieur.
Un trou parfaitement rond désigne un autre suspect.
Les scolytes du cyprès (genre Phloeosinus) laissent de minuscules orifices ronds de 1 à 2 mm, associés à des galeries en peigne sous l’écorce. Le brunissement peut aussi venir d’une sécheresse ou d’un champignon comme Pestalotiopsis, et seule l’inspection de l’écorce permet de trancher.
Que faire sur une haie atteinte
Le geste qui compte se joue en hiver, entre novembre et mars, avant l’émergence des adultes. On coupe jusqu’au bois sain, reconnaissable à une section verte et humide plutôt que brune, en recoupant plus bas si des galeries apparaissent. Le brûlage des déchets verts étant interdit aux particuliers, les rameaux partent en déchèterie dans des sacs fermés, jamais au compost ni en broyat sur place.
Si la moitié de la couronne est touchée ou si des galeries encerclent le tronc, le sujet est condamné. Mieux vaut l’arracher et évacuer le bois avant juin, pour qu’il ne serve pas de nurserie aux voisins.
Le thuya ne repart pas sur le vieux bois dépourvu de feuillage. Une coupe sévère laisse donc un trou durable dans la haie, qui ne se comblera pas. Pour le combler, on replante un jeune sujet, ou mieux, une essence différente. Un plant de thuya neuf au pied d’une haie infestée sera une cible de choix dès sa deuxième ou troisième année.
La prévention passe par la vigueur des arbres : un arrosage copieux toutes les semaines lors des étés secs pendant les premières années, et un paillage de 5 à 8 cm sur le pied. Les sujets en stress hydrique sont les premiers colonisés. Une inspection chaque automne, rameau par rameau, repère les premières pousses roussies avant qu’elles ne gagnent le tronc.
Le bupreste ne s’attaque qu’aux Cupressacées.
Une haie mélangée de charmille, de laurier ou de photinia ne lui offre donc aucun passage d’un arbre à l’autre. En cas de doute sur un échantillon, la FREDON de votre région peut identifier l’insecte à partir d’un morceau de branche portant des trous de sortie.