Que mangent les mésanges en hiver ? Graines et fruits préférés

En hiver, les mésanges mangent surtout des graines de tournesol (noires ou décortiquées), des cacahuètes nature non salées, des noisettes ou des noix concassées et des aliments gras, comme la graisse végétale ou les mélanges graines et graisse. Elles complètent avec les insectes, les œufs d’insectes et les araignées qu’elles débusquent dans l’écorce et les rameaux. Les fruits restent un appoint. Les aliments salés, le pain, le lait et les plats cuisinés sont à proscrire.

Ici, il n’est question que des mésanges. Le calendrier, l’emplacement et la logistique générale sont traités dans le guide pour nourrir les oiseaux en hiver.

Ce que mangent les mésanges en hiver : la réponse en bref

Pour un budget limité, l’ordre d’achat compte plus que la variété. Voici le classement que je recommande, du plus rentable au plus accessoire :

  • le tournesol noir, valeur sûre qui attire presque toutes les espèces ;
  • les cacahuètes décortiquées, nature, non salées et non grillées ;
  • la graisse végétale, en distributeur ou en mélange avec des graines ;
  • les noisettes, noix et amandes concassées, sans sel ni assaisonnement ;
  • les fruits (pomme, poire), à garder pour la fin de liste.

Le tournesol et les cacahuètes nature figurent parmi les aliments les plus fiables pour faire venir les mésanges. Les aliments gras prennent le relais quand la nuit gèle, parce qu’ils apportent de l’énergie à absorber vite.

Dans la nature, le menu change. Les mésanges fouillent les fissures d’écorce, les bourgeons et les dessous de branches à la recherche d’insectes endormis, d’œufs d’insectes et d’araignées. Elles picorent aussi des graines et des baies, comme celles du sureau. Aucune source fiable ne chiffre la part exacte de chaque aliment selon les espèces, donc aucun pourcentage ne figure ici. Les oiseaux des jardins se tournent davantage vers les graines en hiver, et les mésanges suivent cette tendance sans abandonner les petites proies.

Pourquoi les mésanges ont besoin de gras et d’énergie en hiver

Une mésange bleue pèse à peine plus qu’une pièce de 2 euros, une dizaine de grammes. La charbonnière, la plus grosse de nos mésanges, dépasse rarement la vingtaine de grammes. Avec un corps aussi réduit, la chaleur s’évacue vite et les réserves fondent. Autour du solstice, la nuit dure près de seize heures dans le nord de la France, seize heures à brûler des calories sans rien avaler.

Le matin, la priorité est donc de refaire le plein. D’où l’intérêt de la graisse et des graines oléagineuses : le tournesol, les cacahuètes ou les noix concentrent beaucoup de calories pour un volume minuscule. Les boules et pains de graisse figurent, avec le tournesol noir, parmi les aliments adaptés à la saison.

Au printemps, c’est une autre histoire. Les mésanges nourrissent leurs poussins de chenilles et d’autres insectes, riches en protéines. La LPO le rappelle : au printemps, graines et graisses ne conviennent pas aux poussins. L’offre de la mangeoire sert à passer la saison froide, pas à remplacer un régime d’insectes toute l’année.

Les graines préférées des mésanges

Tournesol : noir, strié ou décortiqué ?

Le tournesol noir (petit, à enveloppe unie) et le tournesol strié (plus gros, rayé) sont deux produits distincts. Les mésanges, avec leur petit bec, s’en sortent mieux avec le noir, dont l’enveloppe est plus fine. La LPO range le tournesol noir non grillé et non salé parmi les aliments adaptés. Le strié n’est pas refusé, mais il demande plus d’efforts pour un gain équivalent.

Les graines décortiquées suppriment le travail d’ouverture, et les coques ne s’accumulent plus sous la mangeoire. Revers : ces cœurs de tournesol attirent aussi pinsons et troglodytes. Un conseil de terrain : proposer du noir en base, et du décortiqué en complément les jours de grand froid.

Cacahuètes, noisettes, noix : le duo de la valeur énergétique

Les cacahuètes nature non salées sont un aimant à mésanges. La LPO précise qu’elles doivent être non salées et non grillées ; elles servent surtout aux espèces à forte dépense énergétique, comme les mésanges et les sittelles. Les blocs et cakes aux cacahuètes sont très appréciés des mésanges bleues. Utilisez un distributeur à mailles fines en métal, ou des cacahuètes concassées pour éviter qu’un oiseau n’emporte un grain trop gros.

Les noisettes, noix et amandes non salées complètent bien l’offre. Le Parc naturel régional du Perche recommande de privilégier des fruits secs locaux. Concassez-les en morceaux modestes, sans sel, sans enrobage de miel ni de caramel.

Chènevis, avoine, millet : utiles ou secondaires ?

Ces graines figurent dans les listes d’aliments adaptés aux oiseaux du jardin, avec le maïs concassé et le blé. Pour les mésanges, leur rôle est secondaire. Le chènevis, gras et petit, a plus de succès que les céréales, qu’elles délaissent si du tournesol est disponible. Un mélange trop riche en céréales fait surtout le bonheur des moineaux et des pigeons.

Graisses et aliments gras : l’énergie rapide du plein hiver

Un bloc de graisse bien choisi procure aux mésanges leurs calories en quelques becquées, surtout lors des premières gelées dures. Mais le choix de la graisse fait débat. La LPO recommande de privilégier les graisses végétales, de limiter la graisse animale et d’éviter l’huile de palme. Le Parc naturel régional du Perche tolère un peu de suif de bœuf ou de lard à l’occasion et proscrit lui aussi l’huile de palme. Le Muséum national d’Histoire naturelle cite la margarine ou le saindoux en période de grand froid, tout en déconseillant les graisses très saturées, qui nuisent à la reproduction des oiseaux. Ma position : la graisse végétale, mélangée à des graines, reste le choix le plus consensuel.

Pour trancher entre produits du commerce et préparations maison, le dossier est-ce que les boules de graisse sont bonnes pour les oiseaux détaille les critères. Un point à retenir ici : retirez toujours le filet plastique des boules du commerce. Il piège les pattes et le bec, et la LPO le déconseille fermement. Posez la boule dans un distributeur adapté.

Les mésanges adorent se suspendre pour manger : dans la nature, elles explorent le bout des rameaux fins, la tête en bas. Une boule suspendue, un silo à cacahuètes ou un distributeur grillagé reproduisent cette situation. Un très bon mélange posé à plat risque d’être surtout mangé par les moineaux, tandis que le même mélange suspendu peut favoriser les mésanges.

Fruits et autres aliments acceptés par les mésanges

Les fruits sont un complément marginal. Les pommes et poires flétries figurent parmi les aliments adaptés cités par la LPO, et le Parc du Perche autorise aussi des morceaux de raisin. Une mésange viendra picorer un quartier de pomme, surtout si rien d’autre n’est disponible, mais elle lui préfère largement le tournesol et la graisse. Les raisins secs sont à proposer en petite quantité, sans sucre ni huile ajoutés.

Les fruits conviennent bien mieux aux merles et aux grives : pommes et poires blettes posées au sol, baies et fruits tombés des arbres. Pour savoir lesquels sont sûrs et quels restes éviter, la page Restes de cuisine et fruits : que donner aux oiseaux ? fait le tri.

Tableau comparatif : aliments, intérêt pour les mésanges, présentation et précautions

Aliment Intérêt pour les mésanges Forme conseillée Mangeoire adaptée Précautions
Tournesol noir Fort Graines entières, non grillées, non salées Distributeur à graines, silo Coques à ramasser sous la mangeoire
Tournesol strié Moyen à fort Graines entières Distributeur, plateau Enveloppe plus épaisse, moins facile à ouvrir
Tournesol décortiqué Fort Cœurs de tournesol Distributeur à graines Attire aussi pinsons et troglodytes ; garder au sec
Cacahuètes Fort Décortiquées, nature, non grillées, concassées Silo ou distributeur à mailles fines Jamais salées ; écarter toute arachide moisie
Noisettes, noix, amandes Moyen à fort Concassées, sans sel Plateau abrité, distributeur Sans assaisonnement ni enrobage
Graisse végétale (pain, boule, mélange) Fort par temps froid Sans filet, en distributeur Panier ou cage à boules Pas d’huile de palme ; éviter les graisses très saturées
Chènevis Moyen Graines entières Distributeur À proposer en petite proportion dans un mélange
Avoine, millet, maïs Faible Mélange de graines Plateau, distributeur Profite surtout aux moineaux et aux pigeons
Pomme, poire Faible Morceaux, fruits flétris Plateau, au sol Retirer si moisi

Mésange charbonnière, bleue, noire, huppée, nonnette : des préférences légèrement différentes

La mésange charbonnière est la plus corpulente et la plus audacieuse. Elle fréquente tous types de mangeoires, y compris les plateaux. La mésange bleue, plus petite et très acrobate, préfère se suspendre : boules, blocs aux cacahuètes et distributeurs à mailles fines lui conviennent à merveille.

Les mésanges noire et huppée sont plus liées aux conifères. Dans un jardin proche de pins ou d’épicéas, elles viennent plus souvent, mais discrètement : elles prennent une graine, repartent et la cachent dans une fissure d’écorce. La mésange nonnette, plus liée aux boisements, fréquente moins les jardins et procède de la même façon. Varier l’offre (tournesol, cacahuètes, graisse) reste la meilleure façon de voir toute la famille.

Contre la concurrence des moineaux, des pinsons et des geais, trois parades peuvent aider : choisir des distributeurs grillagés dont les mailles laissent passer les mésanges, multiplier les points de nourrissage plutôt que d’en saturer un seul, et limiter les céréales. Une haie champêtre à proximité offre en plus aux mésanges un abri et des insectes hivernants.

Ce qu’il ne faut pas donner aux mésanges

Le sel d’abord : il nuit aux oiseaux et est à bannir de toute alimentation qui leur est destinée. Le pain ensuite : il remplit l’estomac sans nourrir, et le Muséum national d’Histoire naturelle comme la LPO déconseillent d’en donner. Même règle pour les biscuits et tous les aliments transformés. Le lait ne convient pas non plus : les oiseaux ne sont pas adaptés à sa digestion. Les restes cuisinés sont trop salés, sucrés ou cuits, et les graisses de cuisson rancissent et collent au plumage.

Côté graisses, l’huile de palme est proscrite, et les graisses très saturées sont à éviter. Les graines moisies et les cacahuètes non contrôlées exposent aux moisissures dangereuses (aflatoxines pour les cacahuètes) : écartez tout lot humide ou à l’odeur douteuse. Quant aux filets plastique, ils retiennent les pattes et le bec : jetez-les, y compris ceux des cacahuètes, et choisissez un distributeur métallique.

Quelle quantité donner et comment composer un mélange simple

Aucune quantité « par oiseau et par jour » n’est établie par les organismes consultés, donc aucune ne sera donnée ici. La règle pratique : remplir à hauteur de ce que les oiseaux consomment en une journée ou deux, plutôt que de surcharger. Cela limite la moisissure et l’accumulation de restes.

Pour un mélange maison, voici une base simple : tournesol noir en majorité, complété de cacahuètes décortiquées concassées, de noisettes ou noix concassées, d’un peu de chènevis, et de quelques céréales (millet, avoine). Vous pouvez lier le tout avec de la graisse végétale. Aucune proportion officielle n’a été trouvée : gardez le tournesol dominant et ajustez selon ce que les oiseaux mangent réellement.

La LPO conseille de commencer aux premières gelées, entre fin octobre et mi-novembre selon la région. En Bourgogne-Franche-Comté, elle indique de mi-novembre à fin mars ; en Auvergne-Rhône-Alpes, elle recommande de se fier à la météo plutôt qu’au calendrier. Une fois commencé, il ne faut plus s’interrompre brutalement. Pour la fin de saison, le dossier quand arrêter de nourrir les oiseaux du jardin détaille l’arrêt progressif en fin d’hiver, au plus tard fin mars.

L’hygiène de la mangeoire se résume à cinq gestes :

  • nettoyer mangeoires et abreuvoirs chaque semaine ;
  • renouveler chaque matin une eau peu profonde en cas de gel ;
  • retirer les graines humides ou moisies ;
  • ramasser les coques et les restes sous la mangeoire ;
  • en cas d’oiseaux malades ou morts, arrêter le nourrissage pendant 4 semaines.

Un nettoyage régulier réduit le risque de maladies comme la trichomonose ou la salmonellose, qui se transmettent surtout là où les oiseaux se concentrent.

Questions fréquentes sur l’alimentation des mésanges en hiver

Quelles graines préfèrent les mésanges ?

Le tournesol, surtout noir, vient en tête. Le chènevis est secondaire, mais plus apprécié que les céréales.

Les mésanges mangent-elles des cacahuètes ?

Oui, à condition qu’elles soient décortiquées, non salées, non grillées et saines, présentées dans un distributeur à mailles fines ou concassées.

Quel fruit donner aux mésanges en hiver ?

Des pommes ou poires flétries, en petite quantité. Les fruits restent un appoint, et profitent surtout aux merles et aux grives.

Que donner à manger aux mésanges quand il gèle ?

Des aliments gras et énergétiques : graisse végétale sans filet, tournesol, cacahuètes. Pensez aussi à une eau peu profonde, renouvelée chaque matin.

Les mésanges mangent-elles du pain ?

Il ne faut pas leur en donner : le pain ne nourrit pas et la LPO comme le Muséum national d’Histoire naturelle le déconseillent.

Faut-il nourrir les mésanges à heures fixes ?

Un nourrissage régulier et sans interruption est recommandé. Les oiseaux s’habituent vite à ce point de nourriture. Mieux vaut des remplissages réguliers, notamment le matin, après la nuit froide.

Pour passer à l’action, installez cette semaine un distributeur métallique de tournesol noir et un silo de cacahuètes décortiquées non salées, et commencez dès les premières gelées. Si vous avez de la place, plantez aussi une haie champêtre d’essences locales : elle abrite les insectes hivernants que les mésanges cherchent encore sous l’écorce quand la mangeoire est vide.