Celle qui vide sa litière au pied de la haie. C’est elle que la sage-femme a priée d’arrêter sans attendre, car le bac à chat pèse bien plus lourd que le sécateur dans cette histoire. À une condition : être enceinte et ne pas être immunisée contre la toxoplasmose, ce que des tests sanguins (sérologie) au début de la grossesse permettent de savoir.
Même haie, mêmes mains nues, mais pas le même sol.
- Les oocystes du chat deviennent infectants après 24 à 48 heures en terre et résistent des années.
- La femme enceinte non immunisée doit porter des gants pour tout contact avec le sol et confier le nettoyage de la litière à quelqu’un d’autre.
- L’alimentation (viande mal cuite, charcuterie artisanale) cause plus de transmissions que la litière du chat.
- 34 % des femmes enceintes actuelles abordent leur grossesse sans anticorps contre la toxoplasmose.
Un parasite qui s’installe dans la terre
Un chat contaminé élimine des oocystes dans ses excréments. Ces éléments ne deviennent infectants qu’après un délai d’environ 24 à 48 heures dans l’environnement, mais ils résistent ensuite pendant des années en terre. Déverser une litière au pied d’un troène, c’est donc les enfouir dans un sol meuble, ombragé, rarement retourné. Au prochain coup de sécateur, on peut en retrouver sur ses mains et se contaminer par contact oral.
La voisine sans litière n’est pas hors de danger pour autant, puisque la terre peut être souillée par des excréments de chats, y compris ceux qui passent par là sans qu’on les voie. Les sources médicales recommandent d’ailleurs des gants pour tout contact avec le sol, sans exception. La différence, c’est que la première a elle-même constitué le réservoir.
Reste le réflexe de la javel pour « désinfecter » le bac. L’eau de Javel n’est pas efficace contre le parasite, et seule l’eau très chaude, au-dessus de 70 °C, détruit les oocystes. Le bac se rince donc à cette température, pas au flacon du placard sous l’évier.
Le chat n’est pas le suspect numéro un
L’alimentation reste de loin la première cause de transmission.
Agneau ou porc mal cuits, charcuteries artisanales, crudités mal lavées : l’assiette fait plus de dégâts que la litière. On estime à 200 000 à 300 000 les nouvelles infections chaque année, le plus souvent bénignes chez les personnes en bonne santé. Le vrai sujet, c’est la femme enceinte non immunisée, chez qui l’infection primaire peut entraîner une transmission au bébé. Grâce au programme de prévention français, 800 femmes par an contractent la maladie pendant leur grossesse et 150 bébés sont touchés, soit un peu plus de deux femmes par jour.
La protection naturelle recule : 54,3 % des Françaises en âge de procréer avaient des anticorps en 1995, contre 34 % des femmes enceintes dans les données plus récentes. Mécaniquement, davantage de femmes abordent leur grossesse sans immunité.
Depuis 1992, une surveillance sérologique mensuelle est obligatoire pour les femmes enceintes non immunisées jusqu’à l’accouchement.
Gants, bac, calendrier : ce qui change dès demain
Pour la taille et le désherbage, des gants solides, puis un lavage des mains au savon, même quand on a porté des gants. Le bac passe à quelqu’un d’autre pendant la grossesse ; à défaut, on le vide chaque jour avec des gants, puisque les oocystes ne deviennent infectants qu’après 24 heures.
La litière usagée n’a rien à faire dans un massif ni au pied d’une haie : un sac fermé, direction la poubelle. Les bacs à sable non couverts des enfants sont à éviter pour la même raison. Une femme dont la sérologie est positive n’a, selon Vidal, aucune mesure particulière à suivre. L’association vétérinaire ESCCAP rappelle toutefois que des cas ont été observés chez des femmes séropositives en début de grossesse, d’où l’intérêt de poser la question à sa sage-femme plutôt que de trancher seule.
Dernier point, souvent ignoré : la sérologie se fait idéalement avant la grossesse. Les recommandations de la HAS publiées en juillet 2007 préconisent la sérologie de la toxoplasmose lors d’une consultation préconceptionnelle.
Source : nosenfantsontdutalent.fr