Pour un thuya, le bon engrais est un granulé organique ou un engrais spécial conifères, équilibré et riche en magnésium. Il s’épand deux fois par an : en mars-avril, au redémarrage de la végétation, puis à l’automne avec une formule plus riche en potasse. Sur une haie déjà installée, cela suffit dans la plupart des cas, le reste dépendant du sol et surtout de l’arrosage.
Un thuya affamé ne le montre pas tout de suite.
- Deux épandages par an suffisent dans la plupart des cas : au printemps et à l’automne.
- L’engrais d’automne doit être pauvre en azote et riche en potasse.
- Une dose en surplus brûle les racines et fait brunir les rameaux.
- Un sol au pH supérieur à 7,5 provoque un jaunissement lié au calcaire.
Ce que réclame vraiment un thuya
Le thuya n’a rien d’un gouffre à nutriments. Pourtant, une haie de thuyas ‘Brabant’ (Thuja plicata) peut gagner 30 à 50 cm par an, et cette poussée puise dans le sol. Sur vingt mètres de haie, soit une vingtaine de sujets plantés serrés, la terre s’appauvrit vite, surtout si elle est sableuse ou si la haie est taillée chaque année. Le thuya préfère un sol frais et drainé, au pH neutre à légèrement acide, et il jaunit dans les terres très calcaires, où le fer devient indisponible pour les racines.
Les trois chiffres d’une étiquette d’engrais (N-P-K) désignent l’azote, qui nourrit le feuillage, le phosphore, qui soutient les racines, et la potasse, qui renforce la résistance au froid et à la sécheresse. Le magnésium, souvent oublié, entre dans la composition de la chlorophylle : sa carence se traduit par un jaunissement diffus du feuillage.
À la plantation, le geste utile consiste à mélanger du compost mûr à la terre de rebouchage, sans engrais chimique concentré au contact des racines. Pendant la première année, l’arrosage compte bien plus que la fertilisation, car les racines mettent une à deux saisons à s’installer. Un paillage de 5 cm de broyat ou de compost au pied limite l’évaporation et nourrit le sol en douceur.
Quel engrais choisir, et à quelle période l’épandre
Côté organique, la corne broyée (environ 12 à 14 % d’azote à libération lente), le compost et le fumier bien décomposé font un travail régulier, sans risque de brûlure. Côté minéral, les granulés pour conifères à libération progressive conviennent, à condition de respecter la dose de l’étiquette, calculée au mètre linéaire ou au mètre carré. On les répartit sous la projection du feuillage, là où se trouvent les racines absorbantes, puis on les griffe légèrement et on arrose. Une haie ancienne dont le sol reste bien vivant se contente d’un apport de compost chaque printemps.
Début octobre, il reste une fenêtre pour un apport riche en potasse.
L’engrais d’automne doit contenir peu d’azote, car la potasse aide les rameaux à durcir avant l’hiver. Un excès d’azote tardif, lui, provoque des pousses tendres que les premières gelées grillent, et il favorise les champignons. Passé la mi-octobre, mieux vaut se limiter au paillage.
Sur un sol pauvre en magnésium, une dose de sulfate de magnésium (sel d’Epsom), de l’ordre de 30 g pour 10 litres d’eau en arrosage au pied, peut redonner de la couleur au printemps. Un test ou une analyse de sol évite de traiter à l’aveugle.
Les erreurs qui grillent une haie
La première erreur est la surdose : plus de granulés ne donne pas plus de pousse, mais une brûlure racinaire qui brunit les extrémités des rameaux. La deuxième consiste à épandre sur sol sec sans arroser ensuite, car les sels se concentrent alors autour des racines. La troisième vient de la pelouse voisine : les engrais gazon, notamment ceux associés à un désherbant ou à un anti-mousse, ruissellent vers la haie et la fragilisent. Quant à l’engrais déposé contre le tronc, il n’atteint jamais les racines qui travaillent, situées plus loin.
Un thuya brun n’est pas forcément un thuya qui manque d’engrais.
La sécheresse reste la cause numéro un du dessèchement, devant les champignons comme Kabatina thujae, qui fait brunir l’extrémité des pousses. La taille dans le vieux bois est une autre piste : le thuya ne repart pas sur le bois dépourvu de feuillage, et les zones coupées restent nues. L’urine de chien au pied de la haie laisse des taches brunes à hauteur de patte, et la mineuse du thuya (Argyresthia thuiella) fait roussir les rameaux au printemps.
Un calendrier simple pour l’année
En mars-avril, on épand l’engrais de fond, granulés ou compost, avec une pointe de magnésium si le feuillage pâlit l’année précédente. De mai à septembre, on arrose profondément, à raison de 10 à 15 litres par plant tous les quelques jours en période sèche, sans se fier à l’engrais pour compenser le manque d’eau.
En septembre ou début octobre, un apport pauvre en azote et riche en potasse prépare la haie à l’hiver, avant la dernière taille de la saison. Cette taille se fait de préférence hors période de nidification, soit après fin juillet, et jamais en plein soleil ni par gel.
Avant d’acheter le moindre sac, un test de pH, vendu quelques euros en jardinerie, change la donne. Au-dessus de 7,5, le jaunissement vient du calcaire, et c’est un apport de fer chélaté qu’il faut chercher, pas un énième engrais NPK.