Un trou dans une haie se masque en une heure avec un écran temporaire, se comble en une saison avec des grimpantes ou un arbuste, et se referme parfois tout seul si l’on guide les branches voisines. Le bon choix dépend de la taille du vide et surtout de sa cause. Octobre tombe bien : la saison de plantation court jusqu’en mars, hors période de gel.
- Un écran temporaire, comme une canisse ou un panneau d’osier, masque le vide en moins d’une heure.
- Sur les conifères, une branche brunie ne repart jamais après une taille sévère.
- Un conteneur de plus d’un mètre rattrape bien plus vite ses voisins qu’un jeune plant de 40 cm.
Pourquoi la haie s’est dégarnie
Boucher sans comprendre, c’est risquer de perdre le prochain plant.
Sur les conifères (thuyas, cyprès de Leyland), une branche brunie ne repart jamais, car ces espèces ne rejettent pas sur du vieux bois sans feuillage. Une taille trop sévère, qui entame la partie brune, laisse donc un trou définitif. Les chancres du cyprès ou la pyrale du buis, signalée en France dès 2008, provoquent aussi des dessèchements par plaques. Laurier-palme, charme, if ou troène, eux, repartent du pied après un recépage.
Une haie taillée plus large en haut qu’en bas prive son pied de lumière, et c’est là que les feuilles disparaissent en premier. Les étés secs et la concurrence racinaire d’un grand arbre voisin achèvent les sujets déjà affaiblis.
Un test simple : gratter l’écorce d’une branche avec l’ongle. Du vert dessous, la branche vit encore et peut être ligaturée ; du brun sec, elle est morte et ne reviendra pas. Si plusieurs sujets voisins jaunissent d’un coup, mieux vaut identifier la maladie avant de replanter la même essence.
Masquer le trou dès cette semaine
L’écran artificiel reste la solution la plus rapide.
Canisse de bambou ou de roseau, brande de bruyère, panneau d’osier tressé : fixé sur deux piquets de châtaignier plantés derrière le vide, il occupe la place en moins d’une heure. Brande et osier se fondent mieux dans un feuillage qu’un brise-vue plastique, dont la couleur jure vite avec le vert. Prévoyez un panneau dépassant d’une vingtaine de centimètres de chaque côté, sinon les interstices trahissent la rustine.
Les branches voisines peuvent aussi faire le travail. Rabattues doucement vers le vide avec de la ficelle de chanvre, elles gagnent quelques dizaines de centimètres de couverture, à condition que les rameaux soient jeunes et souples.
Un treillis ou un grillage rigide tendu dans le trou, planté de lierre, de chèvrefeuille persistant ou de jasmin étoilé, donne un vrai feuillage plutôt qu’un simple cache. Le lierre (Hedera helix) couvre le plus vite, et ses fleurs d’automne nourrissent les pollinisateurs à une période où il reste peu à butiner. Le jasmin étoilé garde ses feuilles toute l’année mais craint les hivers très froids. Les grimpantes caduques, seules, laissent le trou nu de novembre à avril.
Un vide au ras du sol demande un autre traitement. Un grillage rigide à petites mailles fixé au pied empêche le passage d’un chien. Une ouverture d’environ 13 cm de côté peut rester pour les hérissons, qui peuvent parcourir un kilomètre par nuit à la recherche de nourriture.
Combler pour de bon
Replanter reste la solution durable, à condition de viser grand. Les pépinières vendent des conteneurs de plus d’un mètre de haut, qui rattrapent bien plus vite leurs voisins. Un plant de 40 cm glissé entre deux sujets de 2 m reste à l’ombre pendant des années et finit souvent par dépérir.
Une charmille gagne en moyenne 30 à 40 cm par an.