Planter des thuyas en novembre : bonne période, préparation du sol et précautions avant le gel

Novembre est une bonne période pour planter des thuyas, à une condition : que le sol ne soit ni gelé ni détrempé. En France, la plantation à racines nues ou en motte s’étale d’octobre à mars, et les sujets en conteneur peuvent être mis en terre presque toute l’année. L’automne offre un avantage que le printemps ne donnera jamais : une terre encore tiède, que les racines colonisent avant l’hiver.

À retenir
  • Novembre convient si le sol n’est ni gelé ni détrempé.
  • Un test de drainage de 24 heures détermine si la terre doit être assainie.
  • Un paillage de 8 à 10 cm protège les jeunes sujets du gel et du vent.

Pourquoi novembre convient aux thuyas

En novembre, le feuillage du thuya n’a plus besoin d’évaporer beaucoup d’eau, alors que le sol conserve la chaleur accumulée durant l’été. Les racines continuent de s’allonger tant que la terre reste au-dessus de 5 à 7 °C environ. Une haie plantée maintenant démarre donc son enracinement des mois avant celle plantée en avril.

Les pluies d’automne font aussi le travail d’arrosage à votre place. Sur une haie de 20 mètres, comptant une quarantaine de sujets, cela représente des dizaines d’heures de tuyau économisées au printemps suivant.

Le bénéfice se paie au premier été.

Un thuya planté à l’automne affronte la sécheresse de juillet avec huit mois de racines derrière lui, contre trois pour un sujet planté au printemps. Dans les régions où les étés se durcissent, ce différentiel pèse lourd sur le taux de reprise. Les pépiniéristes le répètent : la plupart des échecs de haies de thuyas viennent d’un premier été mal négocié.

Préparer le sol avant de planter

Le thuya (surtout le Thuja plicata et le Thuja occidentalis, les plus répandus en haie) tolère presque tous les sols, sauf ceux où l’eau stagne. Une terre lourde, argileuse, qui garde les pieds dans l’eau tout l’hiver, provoque un jaunissement puis un dépérissement par asphyxie des racines. Avant de creuser, un test simple : remplir un trou de 40 cm d’eau et mesurer le temps de vidange. Au-delà de 24 heures, il faut drainer ou planter sur butte.

Le travail commence par le désherbage de la bande de plantation, sur 60 à 80 cm de large. L’herbe concurrence directement les jeunes racines pour l’eau et l’azote. Ameublissez ensuite la terre sur 40 à 50 cm de profondeur, à la fourche-bêche ou à la grelinette, sans retourner les horizons.

Les trous mesurent environ deux fois le volume de la motte, soit 50 cm de côté pour un conteneur de 10 à 15 litres. Mélangez la terre extraite avec un tiers de compost mûr ou de terreau de plantation. Évitez le fumier frais, qui brûle les radicelles, et renoncez aux engrais riches en azote à cette saison : ils stimulent une pousse tendre que le gel détruira.

Un apport de mycorhizes au contact des racines, vendu en jardinerie, améliore la reprise sur les sols pauvres ou fatigués.

Planter : distances, profondeur, arrosage

L’espacement fait débat, et il engage l’avenir de la haie. Pour une haie dense et rapide, on plante tous les 80 cm à 1 m ; en dessous, les sujets se concurrencent et le bas se dégarnit. Pour un thuya qui doit atteindre 4 ou 5 mètres, prévoyez aussi la distance légale avec le voisin : 2 m minimum pour une plantation dépassant 2 m de hauteur, 0,50 m pour les plantes plus basses (article 671 du Code civil, sauf usage local contraire).

Sortez la plante de son pot, démêlez les racines qui tournent en spirale, puis posez la motte de sorte que le collet affleure le niveau du sol. Un thuya planté trop profond pourrit au collet, un thuya planté trop haut sèche. Rebouchez, tassez doucement du pied, puis formez une cuvette autour du tronc.

Arrosez abondamment, même s’il pleut : 10 à 15 litres par plant.

Ce premier arrosage plaque la terre contre les racines et chasse les poches d’air, qui sont la cause la plus fréquente d’échec invisible. Si le plant est à racines nues, trempez-le dans un bain de pralin (mélange d’argile, de bouse et d’eau) avant la mise en terre, car les racines ne doivent jamais sécher plus de quelques minutes à l’air libre.

Se protéger du gel après la plantation

Un thuya adulte supporte des températures de -15 à -25 °C selon les variétés. Un sujet fraîchement planté est bien plus vulnérable, car ses racines n’ont pas encore ancré la plante ni constitué de réserves. Les vrais ennemis sont le gel profond du sol, qui soulève les mottes, et le vent froid et sec, qui dessèche le feuillage alors que les racines ne peuvent pas compenser.

Le paillage est la parade la plus efficace. Une couche de 8 à 10 cm de broyat de branches, d’écorces de pin ou de feuilles mortes, étalée sur toute la bande de plantation, isole la terre et limite l’évaporation. Gardez 5 cm de vide autour du collet pour éviter l’humidité stagnante et les rongeurs.

Le tuteurage compte aussi, surtout pour les sujets de plus d’1,50 m, qui font voile au vent. Un tuteur incliné face au vent dominant, attaché par un lien souple, empêche la motte de bouger et les racines de se rompre. Retirez-le au bout de deux ans.

Si une vague de froid sévère s’annonce juste après la plantation, un voile d’hivernage sur les jeunes sujets limite les brûlures du feuillage, qui brunit quand le gel frappe sans que la plante puisse s’hydrater. Ce brunissement, fréquent en février, ne signe pas forcément la mort du thuya : grattez l’écorce d’une petite branche, et si le dessous reste vert, la plante repartira au printemps.

Pendant l’hiver, arrosez uniquement lors des périodes sèches et hors gel, une fois toutes les deux à trois semaines, à raison de 10 litres par pied. Évitez toute taille avant le printemps, car les plaies mettent du temps à cicatriser par temps froid.

Une précision pour la suite : les jaunissements et les brunissements localisés du thuya sont aussi liés à la maladie du dessèchement due au champignon Kabatina, plus fréquente après un hiver humide, ce qui rend le choix d’un sol drainé encore plus déterminant pour l’avenir de la haie.