Deux voisins plantent chacun une haie de houx le même automne : un seul voit ses branches se couvrir de boules rouges en décembre

Le voisin aux boules rouges n’a eu ni plus de chance ni meilleur terreau que l’autre. Il a planté les deux sexes. Le houx est une plante dioïque : seules les femelles portent des baies, et seulement si un mâle fleurit à portée d’abeilles.

Le sexe d’un houx est souvent absent de l’étiquette en pépinière.

À retenir
  • Le houx est une plante dioïque : seules les femelles produisent des baies, et seulement si un mâle les pollinise à proximité.
  • Un mâle compatible planté tous les 5 à 10 mètres suffit pour polliniser trois à cinq femelles dans un rayon de 20 mètres.
  • À l’achat, choisissez une femelle déjà chargée de baies ou demandez la variété exacte et son pollinisateur mâle recommandé.

Dix plants identiques, zéro baie

Selon les Jardins botaniques royaux de Kew, le houx commun (Ilex aquifolium) a des pieds mâles et des pieds femelles distincts. Ses fleurs blanches s’ouvrent en mai, et la pollinisation est assurée en général par les abeilles et d’autres insectes. Les baies se forment sur les femelles et sont là vers la fin novembre. Le verdict de décembre se joue donc sept mois plus tôt, pendant la floraison.

Un houx isolé ne fructifie pas, même si les insectes peuvent transporter le pollen sur plusieurs centaines de mètres. Une étude britannique sur le houx commun a mesuré une bonne nouaison jusqu’à 40 m d’un mâle, puis une nouaison médiocre à 100 et 200 m. Son auteur a aussi examiné plus de 500 houx mâles en 1986 sans trouver un seul fruit.

Le scénario le plus courant tient en peu de mots. Le premier voisin plante un lot de plants d’origines variées, qui contient sans qu’il le sache au moins un mâle. Le second aligne dix houx du même sexe, ou issus d’un même clone. Résultat : une haie tout aussi dense et tout aussi brillante, mais sans une seule baie.

Les proportions qui font la différence

Un seul mâle suffit pour plusieurs femelles.

Les pépiniéristes comptent en général un mâle pour trois à cinq femelles. La distance recommandée va de 5 à 10 mètres, et la pollinisation reste efficace jusqu’à une vingtaine de mètres quand le vent est faible et qu’aucun obstacle ne gêne les insectes.

Le sexe ne fait pas tout. Les deux partenaires doivent fleurir pendant les mêmes semaines, sinon la fécondation n’a pas lieu. La bibliothèque du jardin botanique de New York cite des duos de houx communs mis au point pour se féconder mutuellement, comme ‘China Boy’ et ‘China Girl’, ou ‘Silver Milkboy’ et ‘Silver Milkmaid’. Quelques houx d’ornement fructifient sans pollinisation, donc la fiche de la variété compte avant l’achat.

Diviser un pied femelle isolé ne crée que des femelles isolées.

Rattraper une haie sans fruits

À l’achat, la seule garantie d’avoir une femelle fructifère consiste à choisir un sujet déjà chargé de baies. L’étiquette est souvent muette, donc demandez la variété exacte et le partenaire mâle conseillé. Pour un mâle, prenez un cultivar annoncé comme pollinisateur ou un plant en fleurs au printemps.

En mai, la floraison tranche : les fleurs mâles montrent des étamines bien visibles, les femelles un pistil central. Si toute la haie est du même type, un mâle compatible planté dans un rayon de 10 à 15 mètres lance la pollinisation, et un houx mâle déjà installé chez un voisin peut suffire.

La taille pèse aussi dans la balance. Un houx tondu très ras perd le bois qui aurait fleuri, et fructifie peu ou pas. Pour une haie qui gagne 20 à 30 cm par an, un passage de sécateur sélectif préserve davantage de fleurs qu’un coup de taille-haie.

Les baies sont toxiques pour les animaux domestiques, ce qui compte si le jardin accueille chiens ou chats. Elles apparaissent à l’automne et restent parfois jusqu’au printemps, sauf si les merles les ont vidées avant.

Laisser un commentaire