Le dépôt noir qui couvre les feuilles de votre laurier palme est un champignon, la fumagine, et il n’attaque pas la plante elle-même. Il pousse sur le miellat, un sirop sucré rejeté par des insectes piqueurs, cochenilles et pucerons en tête. Pour retrouver un feuillage vert, c’est donc l’insecte qu’il faut traiter, pas la suie.
- La fumagine est un champignon de surface qui filtre la lumière sans pénétrer la feuille
- Les cochenilles et pucerons rejettent du miellat sucré où pousse ce champignon noir
- Pulvériser de l’huile blanche en hiver ou du savon noir au printemps élimine l’insecte en deux à trois passages
Un voile noir qui se gratte, mais ne soigne rien
Test rapide : la suie s’efface au doigt, alors qu’une tache de maladie reste.
La fumagine regroupe plusieurs champignons microscopiques, dont des Capnodium, qui vivent à la surface du limbe sans pénétrer les tissus. Leur voile filtre la lumière et gêne la photosynthèse : sur une haie très touchée, la pousse ralentit et les feuilles finissent par jaunir. Le miellat lui-même reste collant et attire guêpes et mouches, ce qui rend le coin terrasse peu agréable en été. Les petits trous ronds que l’on observe parfois sur le même feuillage relèvent d’une autre affection, la criblure, causée par un champignon différent qui perfore réellement la feuille.
Cochenilles, pucerons, fourmis : la chaîne qui nourrit la suie
Ces insectes plantent leur rostre dans les vaisseaux de la sève, prélèvent les sucres dont ils ont besoin et rejettent le surplus en gouttelettes. Sur le laurier palme, les suspects habituels sont des cochenilles à carapace brune ou à manchon cotonneux, plus rarement des pucerons.
Sous les feuilles et le long des rameaux, les cochenilles ressemblent à de petites écailles brunes ou à des amas blancs cotonneux. On les prend facilement pour une excroissance du bois, d’où leur réputation d’invitées discrètes. Une fois adultes, leur carapace les protège de la plupart des produits.
Les larves, sans carapace en juin-juillet, sont vulnérables.
Les fourmis jouent les gardiennes : elles récoltent le miellat et chassent coccinelles et chrysopes, les prédateurs naturels des cochenilles et des pucerons. Un défilé de fourmis le long des tiges est donc un indice fiable d’infestation. Les haies denses, mal aérées, ou trop fertilisées en azote, qui produisent des pousses tendres, offrent le terrain idéal.
Traiter l’insecte, puis laisser la suie tomber
En hiver, par temps doux et hors période de gel, une pulvérisation d’huile blanche asphyxie les cochenilles qui passent la saison sur les rameaux. Au printemps et en début d’été, du savon noir dilué selon l’étiquette, projeté sous les feuilles en fin de journée, vise les larves. Évitez la floraison, en avril-mai : le laurier palme est très visité par les abeilles. Deux ou trois passages espacés de dix à quinze jours sont généralement nécessaires.
Une fois la source tarie, la pluie décolle peu à peu la suie, et les feuilles nées après le traitement restent propres. Sur une haie accessible, un jet d’eau tiède à pression modérée accélère le nettoyage.
Un insecticide à large spectre tue aussi coccinelles et chrysopes.
La taille des rameaux les plus infestés réduit la population d’un coup, à condition d’évacuer les déchets en déchetterie plutôt que de les laisser au pied de la haie. Sur laurier palme, préférez le sécateur au taille-haie : les grandes feuilles coupées en deux brunissent et abîment l’aspect pendant des mois. Le mieux est d’intervenir en fin d’été, avant les premiers froids.
Empêcher le retour du voile noir
Une haie taillée chaque année, assez ouverte pour que l’air circule à l