Une haie arbustive occupe en moyenne 1 à 2 mètres de largeur et peut protéger un terrain du vent, des regards et du bruit pour une dépense modeste : comptez 5 à 15 euros par plant en jeune sujet, contre plusieurs centaines d’euros le mètre linéaire pour une clôture bois ou un mur. Mais elle ne tient ses promesses que si l’on choisit les bonnes essences, au bon écartement, avec le bon calendrier.
- Une haie arbustive coûte 5 à 15 euros par plant en jeune sujet.
- Une haie mélangée perd rarement plus d’un ou deux sujets à la fois.
- Un mélange de 5 à 7 espèces suffit pour une haie de 10 à 15 mètres.
- La plantation réussit de novembre à mars, hors gel et hors sol détrempé.
Ce qui distingue une haie arbustive d’une haie de thuyas
La haie arbustive associe plusieurs espèces à feuillage caduc, persistant ou semi-persistant, souvent fleuries ou fruitées. On la qualifie de « haie libre » quand elle n’est taillée qu’une fois par an, et de « haie champêtre » quand elle mélange des essences locales comme le noisetier, l’aubépine, le cornouiller sanguin ou le fusain d’Europe.
Face à elle, la haie monospécifique de thuyas ou de lauriers-cerises. Elle pousse vite, certes, mais elle demande deux à trois tailles par an et ne laisse presque rien à la faune.
Le risque sanitaire pèse aussi dans la balance. Une haie composée d’une seule espèce expose tous ses plants au même parasite : la pyrale du buis a ravagé des milliers de kilomètres de haies de buis en France depuis son arrivée vers 2008, et le cyprès souffre régulièrement du chancre cortical. Une haie mélangée, elle, perd rarement plus d’un ou deux sujets à la fois.
Une haie diversifiée est un refuge. La Ligue pour la protection des oiseaux rappelle que les haies abritent une part importante des espèces d’oiseaux nicheurs des zones agricoles, mésanges, fauvettes et rouges-gorges en tête.
Choisir ses essences selon le sol, l’exposition et l’usage
Avant d’acheter un seul plant, regardez la terre. Un sol argileux et lourd convient au cornouiller, au saule ou à la viorne obier, tandis qu’un sol calcaire sec préfère le troène, le laurier-tin ou le buddleia. Un test simple : creusez un trou de 40 cm, remplissez-le d’eau, et mesurez le temps d’absorption. Plus de quatre heures signale un sol qui retient l’eau.
L’usage compte autant. Pour un brise-vue toute l’année, il faut des persistants : photinia, laurier-tin, eleagnus, cotoneaster. Pour de la floraison étalée, on panache le forsythia (février-mars), le weigela (mai-juin), le deutzia et le buddleia (juillet à octobre).
Les fruits comptent aussi. Le sureau noir, l’églantier et l’aubépine nourrissent les oiseaux en automne et en hiver, au moment où les ressources se raréfient.
Un conseil pratique : visez 5 à 7 espèces pour une haie de 10 à 15 mètres, avec environ un tiers de persistants. Moins, et l’effet de diversité s’évanouit. Plus, et la haie ressemble à un catalogue.
Les essences à éviter
Certaines plantes posent problème. Le buddleia est classé invasif dans plusieurs régions françaises, et le laurier-cerise, très planté, se montre envahissant en lisière de milieux naturels. Les conservatoires botaniques nationaux publient des listes régionales à consulter avant l’achat.
Planter : calendrier, distances et premiers soins
La période idéale s’étend de novembre à mars, hors gel et hors sol détrempé. Les plants à racines nues, vendus entre 1 et 4 euros pièce, reprennent très bien à cette saison et coûtent nettement moins cher que les plants en conteneur.
Côté distances, la règle du Code civil s’impose. Une plantation de plus de 2 mètres de hauteur doit se situer à au moins 2 mètres de la limite de propriété, et à 0,50 mètre minimum pour une haie qui ne dépasse pas 2 mètres (article 671). Certaines communes ou lotissements fixent des règles plus strictes, d’où l’intérêt de consulter le PLU en mairie.
Entre deux plants, comptez 80 centimètres à 1,50 mètre selon la vigueur de l’essence. Une haie dense sur un seul rang demande un plant tous les 60 à 80 centimètres. une haie champêtre plus large se plante en quinconce sur deux rangs, espacés de 50 à 70 centimètres.
Le sol se prépare en ameublissant sur 40 à 50 centimètres de profondeur et en incorporant du compost mûr. Pour les racines nues, un pralinage (trempage dans un mélange d’argile, de bouse et d’eau) pendant quelques minutes avant la mise en terre favorise la reprise.
Le paillage compte autant que la plantation elle-même. Une couche de 8 à 10 centimètres de broyat de branches ou de paille limite l’évaporation et freine les adventices pendant les deux premières années.
Arrosez abondamment à la plantation, puis une fois par semaine en l’absence de pluie durant la première saison végétative. Ce n’est qu’à partir de la deuxième année que les racines s’ancrent assez profond pour limiter ces apports.
Tailler sans abîmer la floraison
Le calendrier de taille dépend de la floraison, pas de la hauteur. Les arbustes qui fleurissent au printemps sur le bois de l’année précédente (forsythia, deutzia, seringat) se taillent juste après la floraison. Ceux qui fleurissent en été sur les pousses de l’année, comme le buddleia, se taillent en fin d’hiver.
Taillez trop tôt, et vous supprimez les boutons floraux.
Pour les haies champêtres, une taille annuelle ou bisannuelle suffit. Évitez la période du 15 mars au 31 juillet : c’est celle de la nidification, et l’arrêté du 24 avril 2015 relatif aux règles de bonnes conditions agricoles et environnementales interdit la taille des haies pendant cette période pour les exploitants agricoles. Pour les particuliers, aucune interdiction générale n’existe, mais la destruction d’un nid d’espèce protégée reste passible de sanctions.
Un outil adapté change la durée du chantier. Le taille-haie thermique ou à batterie convient aux branches de moins de 2 centimètres de diamètre, alors qu’au-delà, le sécateur de force ou l’élagueur évite de déchiqueter les tiges et de laisser des plaies propices aux maladies.
Pour la forme, une haie taillée légèrement plus large à la base qu’au sommet (profil en trapèze) reçoit la lumière sur toute sa hauteur et garde un feuillage dense jusqu’au pied. Une haie à bords parallèles se dégarnit en bas en quelques années.
Les déchets de taille se broient pour faire un paillage gratuit : 10 mètres de haie fournissent facilement de quoi pailler 3 à 4 mètres carrés de massif.
Autre détail utile : une haie arbustive adulte atteint souvent 2,5 à 4 mètres selon les essences. Si votre terrain est petit, optez pour des variétés compactes, comme le spirée ou le chèvrefeuille arbustif (Lonicera nitida), qui plafonnent autour de 1,50 mètre.