Ce roux qui gagne le cœur d’une haie de thuyas à l’automne relève, le plus souvent, du simple renouvellement du feuillage. Chaque aiguille a un cycle de vie de 3 à 6 ans, et quand elle meurt, une nouvelle prend sa place.
Le phénomène se produit surtout à l’intérieur de la haie, près du tronc.
- Les aiguilles de thuya ont un cycle de vie de 3 à 6 ans et se renouvellent naturellement à l’intérieur de la haie.
- Le roux cantonné au cœur sous un feuillage vert est normal, contrairement à un brunissement soudain et étendu.
- Le nettoyage automnal des aiguilles mortes par les doigts prévient le développement de maladies.
Un roux qui n’a rien d’une maladie
La mécanique est presque architecturale. Quand la plante grandit et se densifie, l’intérieur reçoit de moins en moins de lumière solaire, et la plante abandonne les rameaux devenus inutiles. Le phénomène prend de l’ampleur quand les pluies se font rares en été ou quand les écarts de température sont marqués, deux situations devenues courantes dans les jardins.
En fin d’automne et pendant l’hiver, certaines variétés de thuya occidental, hors Smaragd, prennent une teinte bronze, brunâtre ou gris foncé, une réaction normale au froid. Le cas n’est pas propre aux thuyas. Le Cryptomeria japonica ‘Elegans’ et le Microbiota decussata rougissent en hiver, comme s’ils étaient victimes d’un gel fatal, alors qu’ils ont simplement revêtu leur tenue d’hiver. La Clinique des plantes conseille de ne pas se précipiter sur la bêche pour les arracher.
En France, les haies de thuyas et de cyprès sont très répandues en clôture de pavillon, et elles ont souffert des étés secs et des restrictions d’eau des dernières années. Cela explique pourquoi certaines haies roussissent davantage qu’avant.
Les signes qui, eux, doivent alerter
Le critère décisif, c’est l’étendue. Un roux cantonné au cœur, sous un feuillage extérieur bien vert, relève du renouvellement, alors qu’un brunissement soudain, étendu ou très marqué peut signaler un autre souci. Premier suspect : le manque d’eau, qui provoque un dessèchement global et progressif, souvent accompagné d’une tête qui penche.
En cas de doute, vérifiez l’humidité du sol à 10 cm de profondeur.
Certaines attaques imitent le roux intérieur, mais leur allure les trahit. Le puceron du cyprès provoque un dessèchement qui commence souvent par le bas de la haie et remonte vers la cime, avec un dépôt noirâtre de fumagine sur le miellat. Le chancre, lui, crée des taches rousses bien délimitées au milieu d’un feuillage vert. Contre cette maladie, la lutte chimique curative est quasiment impossible pour un jardinier amateur.
Les araignées rouges sévissent par temps chaud et sec et provoquent un jaunissement piqueté du feuillage. Pour les traitements autorisés au jardin, la base e-phy de l’Anses fait référence.
Le sol compte aussi. Dans un sol très lourd, qui retient l’eau, les racines peuvent pourrir et les plantes mourir, et la pauvreté du sol ou un manque de magnésium peuvent également être en cause. L’âge de la plante ou une taille trop sévère font aussi brunir un conifère.
Le nettoyage d’automne, geste par geste
Ce nettoyage se fait sans outil. On passe les doigts comme un peigne de bas en haut, en secouant de temps en temps l’arbre, et même les branches à moitié sèches peuvent partir. Cela supprime au passage les nuisibles qui se cachent dans le conifère. Pas de panique devant les petites bêtes croisées : beaucoup d’insectes s’installent naturellement dans une haie.
Pas d’engrais à cette saison : une fertilisation tardive stimule de nouvelles pousses et peut empêcher l’entrée en dormance.
Le geste n’est pas cosmétique. Les aiguilles mortes laissées à l’intérieur créent des conditions idéales pour le développement de maladies, et un automne humide associé à une mauvaise circulation de l’air peut transformer un phénomène naturel en vrai problème. Côté taille, l’erreur majeure est de couper trop profondément dans le bois brun interne, qui contient peu de bourgeons et ne regarnit jamais. La coupe sanitaire se fait entre mi-septembre et début octobre, avec un sécateur désinfecté, en retirant seulement le bois mort, puis un arrosage profond et un paillage de compost.
La taille est aussi conseillée en fin d’été ou en automne, hors période de nidification des oiseaux. Avant d’arroser copieusement, il vaut mieux vérifier les règles de son département, car les arrêtés préfectoraux peuvent interdire l’arrosage des haies en période de sécheresse.
Sources : agriculture.gouv.fr | beaufort.ces.ncsu.edu | masculin.com